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Crise du Covid 19: le Fonds adapte ses pratiques

E-news juillet 2020
Depuis le début de la pandémie, le Fonds du Logement prend les mesures de prévention nécessaires pour maintenir les services aux familles et aux associations tout en assurant la protection de la santé du public, de ses partenaires et de ses équipes.

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Le report des remboursements pour les emprunteurs impactés par la crise

Cette mesure a profité essentiellement aux salariés mis en chômage temporaire, aux travailleurs intérimaires devenus sans emploi du jour au lendemain, aux indépendants forcés de fermer leur commerce ou d’interrompre leur activité. Parmi eux, ce plafonneur indépendant dont la quasi-totalité des chantiers a été annulée. Heureusement, la famille a tenu le choc grâce à l’emploi de madame mais elle a subi une perte de revenu mensuel de 1.900 EUR. Une famille confrontée à l’impossibilité d’emménager dans l’immeuble qu’elle venait d’acquérir via un accesspack a également pu bénéficier d’un report de paiement de mensualité jusqu’au déménagement effectif, afin d’éviter un double loyer.

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Location – Un accompagnement social adapté

Avec le confinement, l’accompagnement social des locataires se réinvente. Patricia Gelardi, intervenante sociale à Liège, met tout en place pour conserver le contact avec les familles, via les SMS et la voie téléphonique:  « je leur explique la situation, je prends de leurs nouvelles et je les rassure sur ma disponibilité».  Patricia tire aujourd’hui un bilan positif des premières semaines de confinement:

« j’ai pu introduire des moyens de communication rapides grâce aux nouvelles technologies et notamment les « vidéo-rencontres », qui sont apaisantes pour certaines familles. Ca me permet de garder le lien indispensable. Cela renforce la collaboration avec mes collègues car on se serre les coudes ».  La médiation de conflits a parfois lieu par téléphone. « il m’est arrivé de passer toute une journée au bout du fil pour tenter d’apaiser des tensions entre voisins dans un collectif. ». De cette expérience fatigante mais stimulante,  Patricia retient l’efficacité de certaines techniques peu ou pas exploitées d’ordinaire : « ces mois sont difficiles mais la situation permet d’expérimenter de nouveaux  outils, notamment le SMS qui donne lieu à des réactions quasi immédiates des locataires et les appels vidéos qui remplacent  avantageusement certains déplacements ».

Confinement et sans-abrisme

L'imposible équation

La représentation la plus partagée du « sans-abri » est celle d’une personne à la rue. En réalité, le terme sans-abrisme recouvre des réalités bien plus larges. Il existe 4 formes d’exclusion liées au logement. Lorsque les personnes sont:

  1. sans toit (dormant à la rue) ;
  2. sans logement (avec abri provisoire au sein d’institutions ou de foyers d’hébergement) ;
  3. en logement précaire (menacé d’exclusion en raison d’une convention de bail précaire, par exemple) ;
  4. ou en logement inadéquat (sur un site illégal, en logement indigne, dans des conditions de surpeuplement sévère, …).

 

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En Belgique, on estime le nombre de « sans-abri » à environ 20.000 dont de plus en plus de femmes voire de mineurs.

Les services d’accueil, comme les centres d’hébergement satisfont aux besoins élémentaires de cette population: nourriture, hygiène, encadrement, information mais sont littéralement submergés. Malheureusement, aux heures les plus graves de la pandémie, ces centres ont cruellement manqué d’équipements de protection et de produits d’hygiène.

Avec la collaboration de la Fondation Roi Baudouin, un appel aux dons a été initié par les organismes wallons investis dans le logement d’utilité publique, dont le Fonds du Logement. Nous remercions les généreux donateurs qui ont ainsi contribué à une solidarité immédiate plus que nécessaire. Néanmoins, le chemin à parcourir est encore long. Une approche structurelle basée entre autres sur le renforcement des dispositifs d’accompagnement et de suivi est nécessaire.  L’accueil d’urgence et le post-hébergement suivi de l’installation notamment dans un logement d’insertion ou de transition sont des formules qui font leur preuve en permettant le retour progressif à une vie stabilisée.

Masqués et solidaires

La belle aventure de la régie de Dinant

La régie des quartiers de Dinant propose depuis quelques années un « couture-café » où les habitants, entre coupons de tissus et morceaux de tarte, retissent du lien social. Malgré le confinement et  l’arrêt des activités de formation, la coordinatrice a organisé la confection de masques artisanaux à distance, par des bénévoles à domicile :

« j’avais choisi un modèle de masque très simple ne nécessitant pas de compétences particulières. Les bénévoles ont reçu des kits prédécoupés à assembler ».

 

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Un appel à projets de la Fondation Roi Baudouin vient soutenir la régie dans ses dépenses. Une animatrice mi-temps est engagée. La régie achète 4 nouvelles machines à coudre, des métrages de tissus et d’élastiques. Un masque est offert à chaque ménage locataire de La Dinantaise (société de logement locale). Au bout du compte,  1.350 masques sont confectionnés par des habitantes qui ne savaient pas (nécessairement) coudre.

« Tout le monde était fier… cela a entrainé un engouement incroyable. On a trouvé de l’aide, des trucs et astuces à tous les stades dans un contexte de pénurie, c’était extraordinaire ». 

Avec leurs bénévoles,  les animatrices organisent également un concours de dessin pour enfants. Une lettre rédigée par les stagiaires est envoyée aux 190 enfants recensés leur proposant de se dessiner avec un masque original. « Nous avons constitué un jury qui a sélectionné 4 dessins, appartenant à 2  filles et 2  garçons. Les enfants ont reçu leur masque en vrai, ainsi qu’un petit diplôme de styliste». En août, les dernières pièces seront offertes aux travailleurs du CPAS et de la société de logement.

Efficience énergétique des bâtiments

Le Fonds s'engage

La performance énergétique des bâtiments (PEB) est aujourd’hui un enjeu sociétal. La Wallonie, en 2017, s’est dotée d’une « stratégie à long terme pour la rénovation énergétique des bâtiments ».  Dans le cadre de son activité de rénovation immobilière, le Fonds du Logement est soumis aux normes légales instaurées en matière de performance énergétique, selon qu’il construise ou rénove. Dans ce dernier cas, une obligation générale domine : améliorer l‘efficience énergétique de toute paroi (murs, sols, toitures) modifiée.

 

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En fonction des moyens financiers mis à sa disposition, le Fonds accorde une attention maximale à la création de logements confortables, lumineux, et économes en énergie. Il prévoit à minima : l’isolation du toit, le placement de châssis équipés de double vitrage et d’une chaudière à condensation et la mise aux normes de la ventilation. Lorsque la rénovation est plus lourde, une ventilation centralisée est installée. Si le bâti comporte des annexes froides, leurs parois sont isolées. Dès que l’enveloppe budgétaire le permet, les façades bénéficient d’une isolation : prioritairement par l’extérieur ou l’intérieur. Un immeuble en projet à La Louvière (chaussée de Jolimont) verra plusieurs de ses façades isolées, notamment par l’intérieur grâce à l’insufflation de la cellulose. A Sars-la-Buissière (à la rue Chevesne, voir photo ci-jointe), toutes les façades des logements ont été isolées par l’extérieur.  Ces investissements participent à l’effort collectif destiné à réduire l’émission de gaz à effet de serre mais viennent également soutenir les familles locataires qui voient leurs factures énergétiques allégées.

Prêt aux associations: un toit pour l’ASBL Prévention Jeunesse

Depuis peu, le FLW accorde sur fonds propres des crédits d’investissements aux ASBL actives dans l’habitat à finalité sociale. Fin 2019, l’association nivelloise Prévention jeunesse contacte le Fonds car des dégâts sévères touchent particulièrement un de ses immeubles.  Le Fonds traite la demande et au cœur de la crise sanitaire, y donne une suite positive. Un prêt de 25.100 € sur 7 ans, au taux avantageux de 1% est accordé à l’ASBL patrimoniale.

« Ce prêt, assorti d’une mensualité de remboursement adapté à notre trésorerie est plus que bienvenu, confie le directeur, M. Gruselin. Nous ne savions pas très bien à quelle porte frapper pour financer nos travaux. La plupart du temps, vu la frilosité du manque bancaire, nous introduisons des dossiers pour bénéficier du mécénat privé ou de donsLe financement des briques dans notre secteur reste quelque chose de compliqué ».  

L’immeuble visé est mis à disposition d’une maison d’accueil pour familles en détresse sociale : Les quatre vents.

Portrait

Egide Forthomme, directeur d'APL à Verviers

Egide Forthomme est un homme de terrain et de vision ; un infirmier social licencié en politique économique et sociale et un manager hors pair ; un pionnier qui laissera une trace indélébile dans le quartier Près-Javais à Verviers, et au-delà. Le directeur de l’association de promotion du logement (APL) « Maison Marie-Louise » prendra sa retraite dans 3 ans, au bout d’une carrière entièrement vouée  au « bien social »  et à la réinsertion de ceux qui n’ont plus rien.

Egide arrive à la Maison Marie-Louise en 1982 : «  à cette époque,  on était  4 ou 5 salariés. C’était un hôtel social pour hommes, créé 12 ans plus tôt par l’aumônier de la prison de Verviers », dont la gouvernante a laissé son prénom au fronton de l’ASBL. En 2000, l’institution ouvre ses portes aux hommes avec enfants et s’inscrit dans le dispositif d’urgence sociale verviétois.

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Entretemps, Egide collabore à la gestion de la Fédération des maisons d’accueil, puis à la création de l’agence immobilière sociale (AIS) locale,  LOGEO. Toujours plus engagé dans son secteur, il participe à la création du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté et s’implique dans la mise en place du Relais social verviétois. Cet homme est multitâche et passionné. Il défend son secteur auprès des pouvoirs subsidiants et étend de manière spectaculaire la voilure de son institution qui compte aujourd’hui 40 salariés, gère 20 immeubles de logements, 96 lits en maisons d’accueil, 31 lits en maisons de vie communautaire et 58 logements d’insertion:

« très tôt j’ai pensé que sortir les hommes de la rue pour quelques semaines ou mois n’était pas suffisant, qu’il fallait les accompagner jusqu’à la réinsertion en prenant en compte l’ensemble des difficultés à l’origine de leur exclusion ».

Selon lui, ce développement s’est fait grâce à l’acquisition d’immeubles.  « Je considère que l’accompagnement social et la brique sociale sont les deux faces d’une même pièce. On a tout intérêt à être propriétaire de nos logements et locaux. On achète et on rénove selon nos besoins. On fait des économies d’échelle et on réinvestit l’argent dans les projets pour un effet boule de neige».

Egide Forthomme estime avoir eu la chance de s’entourer des bons collaborateurs. « On a travaillé main dans la main en privilégiant la qualité de la relation humaine vers un but commun: créer du bien social ». Ces liens d’équipe, soudés au fil du temps, ont montré leur force dans la crise sanitaire : « nous n’avons pas encore eu un seul cas de covid. On a fait respecter au pied de la lettre les gestes barrière par tout un chacun dans les espaces communautaires. Une éducatrice a organisé la confection de 60 masques en urgence… Les règles de bon sens nous ont épargnés ». Egide est heureux du devoir accompli. «  Mon dernier projet sera de passer la main ».

Accès à la propriété

Une famille stabilisée dans son logement

En avril 2019, une jeune femme de 25 ans, Coralie Smeers, lance un appel vibrant par médias interposés : sa famille et elle sont contraintes de quitter leur location pour cause de vente de l’immeuble par son propriétaire et cherchent désespérément une solution pour se reloger. Proche du désespoir face à l’indifférence devant sa situation de handicap et de possible mise à la rue, Coralie vient de commencer une grève de la faim.

 

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Suite à diverses sollicitations et malgré la complexité de la situation, le Fonds du Logement propose à la famille de 4 enfants d’acquérir une maison à Forchie-la-Marche, via l’octroi d’un crédit hypothécaire.  Cela fait maintenant un an que la famille nombreuse est installée dans sa maison. La maman de Coralie n’ose songer à ce qu’il serait advenu d’eux s’ils n’avaient pas eu cette proposition d’acquisition. De nombreux travaux sont encore à réaliser afin d’adapter la maison au handicap de Coralie. Néanmoins, cette famille nombreuse se concentre sur le positif et profite de chaque instant dans leur nouvelle maison dont le confort dépasse tout ce qu’ils ont connu jusque là.